Il nous arrive de vivre des instants où l’existence cesse d’être une succession de tâches, de notifications, de réactions pour devenir une présence. Présence radicale à ce que l’on est en train de vivre et de ressentir. Ce sentiment n’a rien à voir avec le bonheur : on peut l’éprouver au cœur d’un deuil ou d’un chagrin profond. C’est une qualité de présence — une manière d’habiter pleinement l’instant plutôt que de le traverser en surface.
Cette sensation demande de se laisser traverser par ce qui advient sans chercher immédiatement à le contrôler ou à l’analyser. Elle se manifeste souvent dans des rencontres authentiques, dans la création, dans l’effort désintéressé, dans la contemplation, dans l’activité physique — tous ces moments où l’on cesse de se regarder vivre pour simplement agir ou être.
Ce sont ces instants qui donnent à l’existence sa texture et sa profondeur.

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